Arrissoules

Canton de Vaud · District : Jura-Nord vaudois · Après un maximum d'environ 76 habitants recensé au milieu du XIXe siècle, la population d'Arrissoules a fortement décliné pour atteindre son plus bas niveau (autour de 24 à 26 habitants) entre 1980 et 1983. Elle est ensuite repartie à la hausse : le village, aujourd'hui un hameau de la commune de Rovray, comptait 64 habitants au 1er décembre 2024.
Fait partie de la commune de Rovray

Origine du nom d'Arrissoules

L'étymologie du nom Arrissoules reste débattue. Les hypothèses anciennes, qui faisaient dériver le nom d'un patronyme antique (du type Aristius ou Arectius), ont été abandonnées par la recherche plus récente. L'explication aujourd'hui privilégiée y voit une formation par contamination entre le verbe «arare» (labourer) et le terme «essarter» (défricher), ce qui correspondrait à l'origine du lieu comme domaine rural gagné par le défrichement de vastes forêts de chênes et de châtaigniers. Cette hypothèse repose principalement sur une étude spécialisée et mériterait d'être recoupée avec d'autres travaux avant d'être considérée comme définitivement établie. Le nom apparaît par écrit sous la forme «Arresules» en 1148, dans le contexte de mentions plus anciennes encore (1142 et 1146) désignant déjà la grange (domaine agricole) d'Arrissoules.

Fondation d'Arrissoules

Arrissoules n'a pas été fondé comme village organisé autour d'une paroisse ou d'un château, mais comme domaine agricole (une «grange») dépendant de l'abbaye cistercienne d'Hauterive, fondée en 1138 dans l'actuel canton de Fribourg. Ce domaine, né du défrichement du plateau qui domine d'environ deux cents mètres la rive orientale du lac de Neuchâtel, est attesté dès 1142 par une charte de l'évêque de Lausanne Guy de Merle, puis confirmé par une bulle pontificale de 1146. Le contrôle de ce bien passe ensuite au chapitre de la cathédrale de Lausanne, avant que le territoire ne devienne, aux XIVe et XVe siècles, une dépendance de la seigneurie de Saint-Martin-du-Chêne. Arrissoules restera un petit village agricole, sans château ni fortification propre, son destin restant lié pendant des siècles à celui du bailliage puis du district d'Yverdon.

Histoire d'Arrissoules

1138. Fondation, dans l'actuel canton de Fribourg, de l'abbaye cistercienne d'Hauterive, dont dépendra la grange agricole à l'origine du hameau d'Arrissoules.

1142. Une charte de Guy de Merle, évêque de Lausanne, datée du 21 mars, mentionne la grange d'Arrissoules parmi les possessions du couvent d'Hauterive.

1146. Une bulle pontificale confirme les possessions du couvent d'Hauterive, dont la grange d'Arrissoules.

1148. Première mention écrite connue du nom du lieu, sous la forme «Arresules».

XIVe-XVe siècles. Le contrôle du domaine passe du couvent d'Hauterive au chapitre de la cathédrale de Lausanne, puis le territoire d'Arrissoules devient une dépendance de la seigneurie de Saint-Martin-du-Chêne.

1474. Avant les guerres de Bourgogne, les habitants d'Arrissoules contribuent, avec ceux de Rovray, Chavannes-le-Chêne, Molondin et Le Pâquier, aux réparations du château de Saint-Martin.

1536-1798. Sous la domination bernoise, Arrissoules fait partie du bailliage d'Yverdon.

1754. Arrissoules prend en charge un tiers des coûts de construction de l'église de Rovray, puis participe à son entretien jusqu'en 1956.

1764. Le village compte 52 habitants selon les données recensées pour cette période.

1766. La paroisse d'Arrissoules est détachée de celle de Rovray et rattachée à la paroisse d'Yvonand.

1832. Derniers ensevelissements d'habitants d'Arrissoules au cimetière de Rovray, avant que le village ne dispose de sa propre sépulture.

1850. La population atteint 76 habitants, un maximum pour le village.

1883. Le 6 février, un incendie détruit la moitié du village ; le collège est reconstruit par la suite.

1919. Une médaille commémorative dédiée aux mobilisés de la Première Guerre mondiale reprend le motif du tilleul, symbole du village.

1925. Arrissoules adopte ses propres armoiries communales.

1936. Le collège centenaire d'Arrissoules ferme par manque d'effectifs scolaires.

1938. Les sociétés de jeunesse d'Arrissoules et de Rovray fusionnent pour former la Société de jeunesse Rovray-Arrissoules.

1945. Tous les élèves d'Arrissoules sont désormais scolarisés à Rovray, moyennant une contribution annuelle par élève.

1953 et 1980. Des syndicats d'améliorations foncières communs à Arrissoules et Rovray sont constitués.

1980-1983. La population d'Arrissoules atteint son point le plus bas, entre 24 et 26 habitants.

1994. Arrissoules rejoint le réseau intercommunal de distribution d'eau ARRIBRU.

1998. Les communes d'Arrissoules et de Rovray engagent une secrétaire-boursière commune, un tilleul est replanté à Arrissoules et la station d'épuration intercommunale est mise en service le 5 juin.

2000. Arrissoules compte 37 habitants ; l'ensemble formé avec Rovray totalise 91 habitants.

2001. Un bureau communal commun aux deux villages est ouvert à Rovray, dans la perspective d'une fusion.

2005. Le 1er janvier, les communes d'Arrissoules et de Rovray fusionnent pour former la nouvelle commune de Rovray, qualifiée à l'époque de plus récente commune créée dans le canton de Vaud.

2013. Au 30 juin, la commune fusionnée de Rovray compte 154 habitants, dont 47 dans l'ancien village d'Arrissoules.

2024. Au 1er décembre, la commune de Rovray compte 194 habitants, dont 64 dans l'ancien village d'Arrissoules.

Population d'Arrissoules

Population d'Arrissoules
176452
177641
185076
198026
198324
200037
201347
202464

Lieux historiques d'Arrissoules

L'ancien collège d'Arrissoules. Le bâtiment scolaire du village, plus que centenaire, a été reconstruit après l'incendie de 1883 avant de fermer ses portes en 1936 par manque d'élèves ; ces derniers ont alors été scolarisés à Rovray puis à Yvonand.

Le tilleul d'Arrissoules. Cet arbre, symbole du village, figure sur une médaille commémorative de la mobilisation de 1919 ; un tilleul a été replanté sur la place du village en 1998.

Le plateau dominant le lac de Neuchâtel. Arrissoules est bâti sur un plateau qui domine d'environ deux cents mètres la rive orientale du lac de Neuchâtel, offrant une vue sur le lac et le massif du Jura.

Le tunnel autoroutier d'Arrissoules. Bien que récent (autoroute A1), ce tunnel qui passe sous le territoire du village est aujourd'hui l'élément le plus connu du nom d'Arrissoules pour le grand public, notamment lors d'exercices et d'interventions des services de secours.

Sources

Autres villages près d'Arrissoules

Une information manque ou une source existe ? Proposez une correction ou un complément, chaque suggestion est vérifiée avant d'être publiée.

Proposer une modification