Échallens

Ville Canton de Vaud · District : Gros-de-Vaud · 6'816 habitants (31.12.2025)

Origine du nom d'Échallens

Premières mentions : « capella de Charlens » en 1141, « Escharlent » en 1177, « Eschallens » en 1228, « Eschalleins » en 1279, puis « Echallens » en 1315. Le nom viendrait du nom de personne germanique « Scarilo » suivi du suffixe « -ingos » (« chez les gens de »), adopté dans l'espace gallo-romain à partir du VIe siècle (à recouper). Nom allemand ancien : « Tscherlitz » ; en patois vaudois : « Ètsalyin ».

Fondation d'Échallens

La seigneurie d'Échallens fut constituée au XIe siècle sur le versant occidental du Jorat, par des concessions du roi de Bourgogne Rodolphe III et de l'empereur Henri IV à l'évêque de Lausanne. Échallens ne possédait d'abord qu'une chapelle. Au XIIIe siècle, les sires de Montfaucon-Montbéliard y élevèrent un château (attribué à Amédée III et mentionné en 1273), au bord d'un escarpement dominant le Talent. Un bourg se développa autour de la forteresse. Au XIVe siècle, Girard de Montfaucon l'agrandit et le réunit au château par une enceinte et des fossés (vers 1350). En 1351-1352, Girard de Montfaucon et Jacquette de Grandson lui accordèrent les franchises de Moudon : le bourg devint une commune libre, ses habitants furent exemptés de la taille et de la mainmorte, et il obtint deux foires annuelles et un marché hebdomadaire. Échallens a ainsi le statut de ville médiévale.

Histoire d'Échallens

âge du Bronze. Une fonderie de l'âge du Bronze est attestée par des vestiges découverts en 1857 dans la cour du château ; des nécropoles de La Tène et du haut Moyen Âge ont été repérées aux lieux-dits En Argilliez, Condémines et Chatelard.

XIe siècle. Formation de la seigneurie d'Échallens par concession de Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, et de l'empereur Henri IV à l'évêque de Lausanne.

1141. Première mention, « capella de Charlens », dans une lettre de protection du pape Innocent II en faveur de l'abbaye de Montbenoît ; la chapelle est alors une filiale de Goumoens-la-Ville. Échallens devient paroisse avant 1228.

XIIIe siècle. Construction du château par les sires de Montfaucon-Montbéliard (attribuée à Amédée III) ; il est mentionné dans une charte de 1273. À partir des années 1270, Amédée III acquiert les droits sur Échallens aux dépens des seigneurs de Goumoens et de Cheseaux.

1291. Présence attestée d'un châtelain et de receveurs fiscaux, encore en 1313 ; un péage est installé avant 1346.

1317. Jean de Montfaucon reconnaît tenir Échallens du comte de Savoie.

1348-1349. La peste frappe la localité.

vers 1350. Girard de Montfaucon agrandit le bourg et le réunit au château par une muraille et des fossés.

1351-1352. Charte de franchises : Girard de Montfaucon et Jacquette de Grandson accordent au bourg les franchises de Moudon. Échallens devient une ville (commune libre) ; ses habitants sont exemptés de la taille et de la mainmorte, et deux foires et un marché hebdomadaire sont autorisés. Le bourg reçoit alors murailles et organisation municipale.

1410. La seigneurie passe à la maison de Chalon, d'origine bourguignonne.

1451. Endommagé en 1445, le château est réparé, voire totalement rebâti, par Louis de Chalon (grand corps de logis, deuxième tour ronde).

1464. Première mention de syndics.

1475-1476. Guerres de Bourgogne : le château est assiégé et incendié. Les Confédérés s'emparent de la seigneurie et la placent en 1476 sous l'administration commune de Berne, Fribourg et des autres cantons ; avec Orbe, elle forme un bailliage commun.

1484. Échallens devient le centre du bailliage d'Orbe-Échallens, administré conjointement par Berne et Fribourg jusqu'en 1798 ; les droits des autres cantons auraient alors été rachetés par le traité de Beromünster (à recouper).

1536-1798. Après la conquête bernoise du Pays de Vaud, Échallens reste bailliage commun de Berne (réformée) et de Fribourg (catholique), situation exceptionnelle qui permet la coexistence des deux confessions. Les deux confessions se partagent l'ancienne église Saint-Jean l'Évangéliste (simultaneum).

1676. Existence attestée de la Confrérie réformée d'Échallens, chargée de l'instruction religieuse et scolaire.

1719. Construction de l'aile nord du château, à frais communs.

1726-1727. Construction d'un nouveau sanctuaire utilisé par les deux confessions (église paritaire).

1738. Création d'un Conseil de vingt-quatre membres. Sous l'Ancien Régime, la ville est administrée par deux gouverneurs et un Conseil de douze membres ; ces conseils comptent autant de catholiques que de protestants.

1781. Construction de l'hôtel de ville, financé par la bourgeoisie.

1798. Révolution vaudoise : départ du dernier bailli fribourgeois ; Échallens devient chef-lieu du nouveau district d'Échallens.

1816. La commune achète le château pour y loger ses services. Le château abrite ensuite le tribunal, les prisons, les écoles et, de 1842 à 1852, les diaconesses.

1864-1865. Construction du temple réformé néoroman (architecte Louis Joël).

1874. Arrivée du chemin de fer Lausanne-Échallens, prolongé vers Bercher en 1889 ; les deux compagnies fusionnent en 1913 pour former le Lausanne-Échallens-Bercher (LEB).

1882-1883. Construction de l'église catholique néogothique (architecte Émile Vuilloud) à l'emplacement de l'église paritaire.

1892. Création d'une école secondaire doublement mixte, installée au château ; elle devient collège scientifique en 1911.

1989. Inauguration de la Maison du Blé et du Pain, née du souvenir de la première Fête du blé et du pain de 1978.

2006. Suppression du district d'Échallens (31 août) ; la commune rejoint le district du Gros-de-Vaud, dont elle devient le chef-lieu (à recouper).

Population d'Échallens

Population d'Échallens
141635 feux (foyers)
145332 feux (foyers)
176481 feux (foyers), dont 34 catholiques
1850957
19001'096
19501'324
19701'643
19802'163
19903'418
20004'281
20105'189
20205'729
20256'816 (31 décembre)

Lieux historiques d'Échallens

Château d'Échallens. Forteresse des Montfaucon mentionnée en 1273, à trois tours ; endommagée en 1445, réparée voire rebâtie en 1451 par Louis de Chalon, brûlée par les Suisses en 1475, puis partiellement reconstruite au milieu du XVIe siècle comme résidence des baillis de Berne et Fribourg ; un corps de logis (aile nord) est ajouté en 1719. Propriété de la commune depuis 1816, il a abrité le tribunal, les prisons, les écoles et le collège secondaire (1892) ; il abrite aujourd'hui notamment l'office du tourisme.

Hôtel de ville. Bâti en 1781 aux frais de la bourgeoisie pour remplacer un bâtiment délabré ; son fronton fut orné en 1798 d'emblèmes révolutionnaires (chapeau de Tell et faisceaux).

Temple réformé. Église néoromane construite en 1864-1865 par l'architecte Louis Joël.

Église catholique. Église néogothique de l'architecte Émile Vuilloud (1882-1883), agrandie en 1956, élevée à la place de l'église paritaire de 1727.

Maison du Blé et du Pain. Musée consacré aux céréales et au pain, inauguré en 1989.

Maison Mestrezat. Demeure construite vers 1755, bien culturel d'importance régionale.

Vestiges d'Échallens

Tour ronde et fossé du château. Du château médiéval subsiste une tour ronde typique du XIIIe siècle. La forteresse était protégée par le ravin du Talent au nord et à l'ouest et, côté bourg, par un fossé sec qui pouvait être mis en eau, franchi par un pont-levis.

Vestiges archéologiques. Vestiges d'une fonderie de l'âge du Bronze découverts en 1857 dans la cour du château ; nécropoles de La Tène et du haut Moyen Âge aux lieux-dits En Argilliez, Condémines et Chatelard. Une voie romaine reliant Lausanne à Yverdon aurait traversé le site, mais ses vestiges ont été détruits à la fin du XIXe siècle.

Sources

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