Gorgier
Origine du nom de Gorgier
Un document de 1252 est le plus ancien à mentionner Gorgier, alors écrit « de Corgie ». Le nom dériverait du nom d'homme latin Gordius associé au suffixe « -acum », et désignerait le domaine d'un propriétaire appelé Gordius (à recouper). En patois neuchâtelois, le village se prononce « Gordzî ». Les habitants sont surnommés les Bélins et Bélines, ou localement les Béliers, ainsi que les Éclafeurs (à recouper).
Fondation de Gorgier
Gorgier est le village éponyme d'une seigneurie médiévale qui comprenait la plus grande partie de la Béroche : Saint-Aubin, Sauges, Fresens, Montalchez et une partie de Gorgier. Jouissant d'abord de l'immédiateté impériale, cette seigneurie fut soumise aux sires de Vaud en 1340 et aux comtes de Neuchâtel en 1344, tout en gardant sa spécificité ; elle appartint aux Estavayer du milieu du XIIIe siècle à 1359. Le château est mentionné pour la première fois en 1299 (à recouper). Le village, formé de quatre rues dessinant un carré, est cité dès 1340 ; l'ancienne commune comprenait aussi le hameau de Chez-le-Bart, au bord du lac, et des fermes isolées, les Prises. Le peuplement est bien plus ancien : cinq stations néolithiques au bord du lac, dont celle des Argilliez (culture de Cortaillod, entre 3841 et 3528 av. J.-C.), une dizaine de tumulus et des monuments mégalithiques de la période de Hallstatt, une villa romaine des IIe-IIIe siècles et une nécropole burgonde.
Histoire de Gorgier
env. 3841-3528 av. J.-C.. Deux occupations successives d'un village lacustre néolithique de la culture de Cortaillod au lieu-dit Les Argilliez, sur la rive du lac de Neuchâtel. Le site, cartographié en détail en 2015 (4'834 pieux répartis sur 7'000 m²), est inscrit depuis 2011 au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes.
Âge du Fer (période hallstattienne). Une dizaine de tumulus et des monuments mégalithiques sont attribués à la période de Hallstatt, notamment le grand menhir de la forêt du Devens (environ 3 mètres de haut) et les Pierres du Guénégou ; un autre menhir, situé près du château, à Châtillon, a depuis été détruit.
IIe-IIIe siècle. Occupation du site par une villa romaine, dont l'existence est attestée par des vestiges archéologiques.
Époque burgonde. Présence d'une nécropole burgonde sur le territoire de Gorgier.
1252. Première mention écrite du nom du village, sous la forme « de Corgie ».
Milieu du XIIIe siècle. Constitution de la seigneurie de Gorgier, comprenant Gorgier, Saint-Aubin-Sauges, Fresens et Montalchez, sous l'autorité de la famille d'Estavayer.
1299. Première mention écrite du château de Gorgier, alors possession des seigneurs d'Estavayer (à recouper).
1340. Le village, formé de quatre rues dessinant un carré, est cité. La même année, la seigneurie de Gorgier, qui jouissait jusque-là de l'immédiateté impériale, est soumise aux sires de Vaud.
1344. La seigneurie de Gorgier est soumise aux comtes de Neuchâtel, tout en gardant sa spécificité.
1359-1373. La seigneurie passe sous l'autorité directe de Louis Ier, comte de Neuchâtel.
1373-1378. La seigneurie est tenue par Isabelle de Neuchâtel.
1378-1433. Retour de la seigneurie à la famille d'Estavayer.
1398. Les habitants de Gorgier, comme ceux des autres villages de la paroisse de Saint-Aubin, sont reconnus combourgeois d'Estavayer ; ils suivent la coutume de cette ville jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, puis celle de Neuchâtel.
1433. La seigneurie de Gorgier passe à Jean de Neuchâtel-Vaumarcus et reste dès lors durablement liée à la seigneurie voisine de Vaumarcus.
fin du Moyen Âge. Gorgier englobe le petit village disparu des Ouches.
1568. Claude de Neuchâtel-Vaumarcus, fils de Lancelot, entreprend la reconstruction du château sur l'emplacement de l'ancienne Tour de Gorgier, transformant progressivement la forteresse médiévale en demeure seigneuriale (pont-levis, fossés, jardins).
1640. Construction du pigeonnier du château, toujours visible aujourd'hui.
1668. Première mention du lavoir public de Bréna, l'un des plus anciens lavoirs conservés dans le canton de Neuchâtel.
1678-1813. Après la branche bâtarde de la maison de Neuchâtel (1433-1678), la seigneurie passe successivement aux familles d'Achey (1678-1718), de Grammont (1718-1730), de Cheylas (1730-1749) et Andrié (1749-1813).
1750. Construction de la Ferme Robert, au pied du Creux du Van (à recouper).
1806. La principauté de Neuchâtel, dont dépend Gorgier, est cédée par le roi de Prusse à Napoléon Ier, qui en fait une principauté pour son maréchal Berthier.
1815. Neuchâtel entre dans la Confédération suisse comme canton, tout en restant simultanément principauté prussienne jusqu'en 1848.
1813-1879. Le château de Gorgier appartient à la famille Pourtalès-Gorgier, qui détient aussi la seigneurie de 1815 à 1848.
1826-1880. D'importantes transformations éclectiques modifient l'aspect du château : portails néogothiques, ailes néo-Renaissance, véranda mauresque et, en 1860, une chapelle ornée de vitraux du maître verrier tourangeau Lobin de Tours.
1831. Les droits de justice criminelle et civile de la seigneurie de Gorgier sont supprimés. Gorgier reçoit la même année une petite seigneurie héritière de la localité détruite de Derrière-Moulin, qui avait dépendu de Vaumarcus, puis de la mairie de Bevaix.
1848. Le fief de la seigneurie de Gorgier est aboli, ce qui met un terme définitif à cette entité seigneuriale, distinctement de la suppression des droits de justice intervenue en 1831.
1859-1860. Ouverture de la ligne de chemin de fer du pied du Jura et de la gare de Gorgier-Saint-Aubin. Gorgier reste pourtant, jusqu'au milieu du XXe siècle, un village essentiellement rural, viticole et agricole.
1879. Le château de Gorgier est racheté par Alphonse-Henri Berthoud-Coulon.
1896. La Ferme Robert est reproduite au « Village suisse » de l'Exposition nationale suisse de Genève, où elle connaît un franc succès (à recouper).
1897. Le château de Gorgier est racheté par le banquier suisse-américain Antoine Borel, dont la famille le conservera jusqu'en 2001.
1897-1905. Restauration générale du château menée par l'architecte neuchâtelois Léo Châtelain.
1899. Installation d'une usine électrique privée au château, qui bénéficie ainsi d'une électrification précoce.
1907. Construction, au bord du lac à Chez-le-Bart (Gorgier), du Pavillon des bains, petit édifice au décor évoquant une pagode, réalisé par Auguste-Antoine Borel.
à partir de 1960. La population s'accroît lentement avec la création de quartiers résidentiels près de la gare. L'industrie n'est représentée que par le décolletage et la vinaigrerie.
2001-2014. Le château, racheté en 2001 par une famille américaine, fait l'objet d'une restauration générale complète en vue d'un usage résidentiel.
2011. Le site palafittique de Gorgier-Les Argilliez est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, avec les autres sites préhistoriques lacustres autour des Alpes.
1er janvier 2018. Gorgier fusionne avec Bevaix, Saint-Aubin-Sauges, Montalchez, Vaumarcus et Fresens pour former la nouvelle commune de La Grande Béroche ; Gorgier perd son statut de commune indépendante mais reste un village et une localité à part entière au sein de la nouvelle commune.
Population de Gorgier
| 1632 | 509 |
| 1750 | 445 |
| 1850 | 866 |
| 1950 | 1'012 |
| 1990 | 1'849 |
| 2000 | 1'775 |
| 2010 | 1'922 |
| 2017 | 2'021 |
Lieux historiques de Gorgier
Château de Gorgier. Perché à 515 mètres d'altitude, le château domine le littoral nord du lac de Neuchâtel. Son noyau primitif remonterait à la fin du XIIe siècle ; le site est mentionné pour la première fois en 1299 et appartint d'abord aux seigneurs d'Estavayer, avant d'être inféodé aux comtes de Neuchâtel dès 1344. À partir de 1568, Claude de Neuchâtel-Vaumarcus le fait profondément reconstruire, avec pont-levis, fossés et jardins ; le pigeonnier actuel date de 1640. Passé aux mains de plusieurs familles bourgeoises et de banquiers aux XIXe et XXe siècles (Pourtalès-Gorgier, Berthoud-Coulon, puis la famille Borel de 1897 à 2001), il reçoit entre 1826 et 1880 des ajouts de style néogothique et néo-Renaissance, dont une chapelle aux vitraux de 1860, puis une restauration d'ensemble menée par l'architecte Léo Châtelain entre 1897 et 1905. Toujours habité, il a fait l'objet d'une nouvelle restauration complète entre 2001 et 2014. C'est aujourd'hui l'un des monuments historiques les plus emblématiques du canton de Neuchâtel, classé bien culturel d'importance nationale.
Pavillon des bains de Chez-le-Bart. Construit en 1907 au bord du lac, à Chez-le-Bart (village de Gorgier), par Auguste-Antoine Borel, ce petit édifice au décor évoquant une pagode est un témoin de l'architecture de villégiature du début du XXe siècle sur la rive neuchâteloise du lac.
Ferme Robert. Bâtie en 1750 au pied du Creux du Van, cette ferme paysanne traditionnelle a été présentée comme exemple d'architecture rurale neuchâteloise lors de l'Exposition nationale suisse de 1896 à Genève. Elle est aujourd'hui un but de randonnée et un lieu d'accueil géré par une association.
Lavoir public de Bréna. Mentionné pour la première fois en 1668, ce lavoir situé à la rue du Château compte parmi les plus anciens lavoirs publics conservés dans le canton de Neuchâtel.
Mégalithes de la forêt du Devens. La forêt du Devens abrite un grand menhir de granit d'environ 3 mètres de haut, fouillé au XIXe siècle par le docteur Gustave Clément (dallage de granit rouge, céramique, charbon de bois), ainsi que les Pierres du Guénégou, un ensemble de pierres partiellement couchées au pied d'un possible tumulus artificiel.
Vestiges de Gorgier
Village lacustre néolithique de Gorgier-Les Argilliez. Deux occupations successives de la culture de Cortaillod, datées entre environ 3841 et 3528 av. J.-C., ont laissé des vestiges de pilotis sur la rive du lac de Neuchâtel : haches en pierre polie, emmanchements en bois de cervidé et céramique grossière. Une cartographie réalisée en 2015 a révélé une extension bien plus vaste qu'estimé auparavant, avec 4'834 pieux répartis sur environ 7'000 m². Le site fait partie, depuis 2011, du bien en série inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO regroupant les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes.
Tumulus et mégalithes de l'âge du Fer. La période de Hallstatt a laissé sur le territoire une dizaine de tumulus et des monuments mégalithiques. Outre le grand menhir et les Pierres du Guénégou dans la forêt du Devens, un autre menhir se dressait autrefois près du château, au lieu-dit Châtillon ; il a depuis été détruit.
Villa romaine. Des vestiges d'une villa romaine des IIe-IIIe siècles ont été mis au jour sur le territoire de Gorgier, témoignant de l'occupation du site à l'époque romaine.
Nécropole burgonde. Le territoire de Gorgier a livré les vestiges d'une nécropole de l'époque burgonde, période qui suit l'Empire romain dans la région.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, Gorgier (commune)
- Dictionnaire historique de la Suisse, Gorgier (seigneurie)
- Dictionnaire historique de la Suisse, Gorgier - Les Argilliez
- Wikipédia (français), Gorgier
- Wikipédia (français), Seigneurie de Gorgier
- Wikipédia (français), Liste des seigneurs de Vaumarcus
- Wikipedia (anglais), Gorgier
- Wikipedia (anglais), Gorgier Castle
- Wikipedia (allemand), Gorgier
- Association des Sociétés de La Grande Béroche, Château de Gorgier
- Commune de La Grande Béroche, présentation
- Palafittes.org, site CH-NE-02 Gorgier
- Habitants.ch, gentilé de Gorgier
- Archeoplus, mégalithes de Gorgier
- Wikimonde (miroir de Wikipédia), Gorgier
- notreHistoire.ch, Le Village Suisse, une ferme (Exposition nationale 1896)
Autres villages près de Gorgier
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