Gressy
Origine du nom de Gressy
Le nom de Gressy est attesté de façon certaine pour la première fois en 1228, sous la forme Grissie. Une mention plus ancienne, sous la forme Crissie ante Belmunt, aurait été relevée dès 1150, mais cette date plus reculée provient d'une seule source consultée et mériterait d'être recoupée avant d'être considérée comme définitivement établie. Les siècles suivants voient le nom évoluer à travers plusieurs graphies successives : Gressey (1187), Grizie (1245), Grissye (1317), puis Grissiez (1453), avant que l'orthographe ne se stabilise progressivement sur Gressy. Deux hypothèses étymologiques coexistent sans qu'un consensus définitif ne se soit imposé : la première rattache le nom au gentilice romain Criscius, qui aurait aussi donné naissance aux noms de Crissier et de Cressier ; la seconde y voit plutôt une origine dans le gentilice Gracius ou Gratius, qui expliquerait mieux les formes anciennes commençant par un G.
Fondation de Gressy
Gressy n'a pas de date de fondation précise ni de fondateur identifié : comme la plupart des villages de la région, il s'est formé progressivement autour d'un noyau d'habitat rural, sur le versant nord du plateau du Gros-de-Vaud, au-dessus du vallon du Buron. Dès 1154, le lieu relève de la seigneurie de Belmont, qui deviendra plus tard une châtellenie sous domination bernoise ; c'est dans ce cadre seigneurial que le village s'est structuré administrativement au fil des siècles. Une communauté villageoise organisée est mentionnée dès 1390, et des organes de gouvernance locale apparaissent en 1433. Le hameau voisin de Sermuz, qui abrite les vestiges d'un ancien oppidum celtique, est réuni administrativement à Gressy en 1764.
Histoire de Gressy
Vers le milieu du Ier siècle av. J.-C.. Un oppidum celtique tardif s'installe sur la colline de Sermuz, protégé par un rempart de type murus gallicus, technique de construction décrite par Jules César.
1154. Gressy relève de la seigneurie de Belmont.
1228. Première mention écrite certaine du village, sous la forme Grissie.
1390. Une communauté villageoise organisée est mentionnée à Gressy.
1433. Des organes de gouvernance locale se mettent en place dans le village.
1439. Une chapelle dédiée à saint Antoine est ajoutée à l'église paroissiale Saint-Martin.
1536. La conquête bernoise du Pays de Vaud place la région sous administration bernoise ; la seigneurie de Belmont devient progressivement une châtellenie, dont Gressy aurait, à recouper, servi de résidence d'été au bailli d'Yverdon.
1689. Le presbytère du village est construit dans le style bernois.
1764. Le hameau de Sermuz est réuni administrativement à Gressy ; le village compte alors 146 habitants.
1798. La chute de l'Ancien Régime met fin au régime seigneurial ; Gressy passe par le canton du Léman avant d'être rattaché au district d'Yverdon.
1850. La population atteint son maximum historique connu, avec 222 habitants.
1966. L'école du village ferme ses portes.
1980. Après un net exode rural, la population tombe à 125 habitants, son plus bas niveau connu.
1984. Une fouille archéologique met au jour le rempart celtique de l'oppidum de Sermuz, sur une longueur d'environ 130 mètres.
31 août 2006. La réforme des districts vaudois dissout l'ancien district d'Yverdon ; Gressy intègre le nouveau district du Jura-Nord vaudois.
1er juillet 2011. Gressy fusionne avec la commune d'Yverdon-les-Bains et perd son statut de commune indépendante.
Population de Gressy
| 1764 | 146 |
| 1850 | 222 |
| 1900 | 218 |
| 1980 | 125 |
| 2000 | 139 |
| 2010 | 167 |
Lieux historiques de Gressy
Église paroissiale Saint-Martin. D'origine romane, l'église est mentionnée dès le XIIe siècle. Remaniée au XVe siècle, elle conserve des peintures murales de cette époque ainsi qu'une statue et des reliques de son saint patron. Une chapelle dédiée à saint Antoine y est ajoutée en 1439. La paroisse de Gressy englobait alors aussi les villages voisins de Belmont et de Valeyres-sous-Ursins.
Presbytère bernois de 1689. Construit dans le style caractéristique de l'architecture bernoise, le presbytère du village témoigne de l'administration bernoise de la région après la conquête de 1536.
Fermes des XVIIe au XIXe siècle. Le village conserve plusieurs fermes cossues bâties entre le XVIIe et le XIXe siècle, témoins de la vocation agricole ancienne de Gressy.
Vestiges de Gressy
Rempart celtique de l'oppidum de Sermuz. Sur la colline de Sermuz, à quelques kilomètres d'Yverdon-les-Bains, s'élevait un oppidum celtique tardif occupé dès le milieu du Ier siècle avant notre ère. En 1984, une fouille archéologique a mis au jour un rempart avec fossé, long d'environ 130 mètres, large de plus de 6 mètres et d'une hauteur comparable. Sa construction, du type murus gallicus décrit par Jules César, associe une ossature de poutres croisées remplie de terre et un parement en pierre sèche. Une reconstitution partielle est visible sur place, et une maquette est exposée au musée d'Yverdon-les-Bains. Le site est inscrit comme bien culturel d'importance nationale.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse (HLS/DHS), article "Gressy" (n° 002639)
- Historisches Lexikon der Schweiz (HLS), article "Gressy VD" (n° 002639)
- Wikipédia FR, article "Gressy (Vaud)"
- Wikipedia DE, article "Gressy VD"
- Wikipedia EN, article "Gressy, Switzerland"
- Philippe Curdy, "Le murus gallicus de Sermuz près d'Yverdon-les-Bains VD", Archéologie Suisse, vol. 8 (1985), p. 230-235
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