Le Landeron

Ville Canton de Neuchâtel · Région : Littoral · 4'684 habitants (31.12.2025)

Origine du nom du Landeron

Le toponyme apparaît vers 1209 sous la forme « Landiron », nom d'un pré mentionné dans un acte de l'abbaye de Saint-Jean de Cerlier (Erlach) accordant un droit de pêche. Le lieu, alors inhabité, correspond à un îlot morainique émergeant d'une plaine marécageuse au bord de la Thielle. Le sens du mot « Landiron » n'est pas expliqué. Avant la fondation du bourg, les habitants de la région vivaient à flanc de coteau, dans les lieux désignés sous le nom générique de Nugerol (« Nogerolis »), mentionné dès 866.

Fondation du Landeron

Avant la fondation du bourg, les maisons se trouvaient à flanc de coteau, sous le nom générique de Nugerol, en particulier dans un bourg fortifié au lieu-dit la Tour. Ce bourg est détruit après 1309 et, en 1316, un arbitrage du duc d'Autriche en interdit même la reconstruction. Le 1er septembre 1325, le comte Rodolphe IV de Neuchâtel, dit « Rollin », achète un pré dans la plaine pour y bâtir une cité fortifiée, édifiée en 1328-1329. Le site, proche de la Thielle et du lac de Bienne, marque la frontière orientale du comté de Neuchâtel face à la principauté épiscopale de Bâle. Dès sa fondation, Le Landeron est le chef-lieu d'une châtellenie, fonction qu'il garde jusqu'en 1848 ; plusieurs villages voisins, dont Cressier, en dépendent. L'église paroissiale, plus ancienne, avait probablement été fondée par l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune.

Histoire du Landeron

Bronze final. Une tombe est aménagée aux Carougets.

vers 961-957 av. J.-C.. Un atelier de poterie est actif au bord de la Thielle.

Ier - IVe siècle. Une villa romaine est attestée aux Carougets. Une villa romaine est aussi signalée sur le site de Nugerol, sur le coteau au-dessus de l'actuel Landeron (à recouper).

Haut Moyen Âge. Des fonds de cabanes attestent un habitat du haut Moyen Âge.

866. Première mention écrite connue du lieu, sous le nom de « Nogerolis » (Nugerol).

début du XIe siècle. L'église paroissiale, fondée probablement par l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, est acquise à la suite d'un échange par l'avoué Rodolphe.

vers 1209. Première mention du toponyme « Landiron » (un pré), dans un acte de l'abbaye de Saint-Jean de Cerlier accordant un droit de pêche.

1260. Le comte Rodolphe III de Neuchâtel aurait accordé des franchises à Nugerol (à recouper).

après 1309. Le bourg fortifié de Nugerol, au lieu-dit la Tour, est détruit.

1316. Un arbitrage du duc d'Autriche interdit la reconstruction de Nugerol.

1er septembre 1325. Le comte Rodolphe IV de Neuchâtel (« Rollin ») achète un pré dans la plaine et fonde Le Landeron comme cité fortifiée de remplacement ; le bourg devient chef-lieu d'une châtellenie dont dépendront plusieurs villages voisins, dont Cressier.

1328-1329. Construction des fortifications et du château du bourg.

1373. La comtesse Isabelle de Neuchâtel conclut une combourgeoisie avec Soleure, à laquelle Le Landeron et Cressier sont rattachés.

1449. Le Landeron signe un traité de combourgeoisie (alliance perpétuelle) avec la ville de Soleure, qui l'oblige notamment à fournir des soldats.

vers 1450-1455. Construction de l'Hôtel de Ville et de la chapelle des Dix Mille Martyrs, sur un terrain offert par Jean de Fribourg ; la chapelle est consacrée en 1455.

1523-1562. Environ 590 hommes du Landeron combattent sous les couleurs de Soleure lors de campagnes militaires.

1530-1541. Le Landeron résiste à la Réforme et défend son particularisme religieux ; un « plus » (vote) de 1541 aurait maintenu le catholicisme (à recouper). Le bourg devient un îlot catholique en terre neuchâteloise majoritairement protestante.

1556. Seule Lignières, qui faisait partie de la paroisse, passe au protestantisme.

1628-1662. Une quarantaine de procès de sorcellerie sont documentés au Landeron.

1647. Réalisation des parois sculptées pour les douze conseillers dans la salle de justice de l'Hôtel de Ville.

1681. Fondation de la chapelle de Combes.

1695. La chapelle de Combes est desservie par les capucins.

1707. Le Landeron se soumet, comme le reste de la principauté, au roi de Prusse.

vers 1750. Le château, propriété du prince de Neuchâtel (le roi de Prusse Frédéric II), est cédé à la bourgeoisie du Landeron.

1751 et 1761. Deux incendies dévastent une partie du bourg.

1829. Construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Maurice.

1848. Fin du régime de châtellenie à la suite de la révolution neuchâteloise et de la proclamation de la République ; Le Landeron cesse d'être chef-lieu administratif.

1859. Arrivée du chemin de fer ; la gare actuelle est construite en 1869-1870.

1868. Partage des biens communaux avec Cressier.

1875. Création de la municipalité.

1889-1891. Ajout d'éléments néo-gothiques à la façade sud du château.

1894. Création d'une paroisse protestante.

1905. L'Hôtel de Ville est classé monument historique cantonal.

1907. Restauration de l'Hôtel de Ville, dirigée par l'architecte Eugène Colomb.

1922. Restauration des peintures murales de l'Hôtel de Ville par Alfred Blailé.

1973. Première édition de la Brocante du Landeron, devenue l'un des plus grands marchés aux puces de Suisse.

1974. Raccordement du Landeron à l'autoroute A5.

1980-1981. Création de la Fondation de l'Hôtel de Ville, nouvelle campagne de restauration et ouverture du musée.

1910-2000. Le secteur primaire passe de 320 emplois en 1910 à 45 en 2000 ; le vignoble du Landeron, deuxième du canton, compte environ un dixième des vignes neuchâteloises.

1991. Inauguration du centre scolaire des Deux-Thielles.

2010. Le château, jusque-là propriété de la corporation de Saint-Maurice, est cédé à la commune du Landeron.

2016. Le Landeron rejoint l'association « Les Plus Beaux Villages de Suisse ».

2025. Le bourg célèbre les 700 ans de sa fondation par des manifestations évoquant le Moyen Âge.

Population du Landeron

Population du Landeron
1750591
1850956
19001'423
19501'724
19703'000 (environ)
20004'227
20224'680
20254'684

Lieux historiques du Landeron

La Vieille Ville (le Bourg). Le noyau médiéval fortifié du Landeron, structuré depuis le XIVe siècle en deux rangées de maisons bordant une rue centrale, encadré par des portes. Son plan d'ensemble est resté remarquablement préservé depuis sa fondation en 1325.

L'Hôtel de Ville. Construit dès le milieu du XVe siècle sur un terrain offert par Jean de Fribourg, il réunit sous un même toit la chapelle des Dix Mille Martyrs (consacrée en 1455) et les locaux du pouvoir civil, dont une salle de justice ornée de peintures murales du Jugement de Salomon (1530) et de boiseries Renaissance (1647). Il abrite aujourd'hui le musée communal et les autorités municipales.

Le Château du Landeron. Édifié en pierre calcaire à partir de 1325 comme résidence du comte de Neuchâtel lors de ses déplacements et comme lieu de stockage des dîmes, il servit aussi de prison au XVIe siècle. Remanié avec des éléments néo-gothiques entre 1889 et 1891, il appartient à la commune depuis 2010 et abrite aujourd'hui un théâtre, une école de musique et des salles de fête.

La Chapelle des Dix Mille Martyrs. Intégrée au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Ville et consacrée en 1455, elle doit son nom au culte médiéval des Dix Mille Martyrs et conserve des décors peints redécouverts en 1954.

L'église Saint-Maurice. Église paroissiale catholique construite en 1829, témoin de la fidélité du Landeron à la foi catholique depuis le XVIe siècle.

Les fontaines historiques du bourg. Une vingtaine de fontaines ponctuent les rues de la Vieille Ville, participant au caractère patrimonial de l'ensemble bâti.

Les portes et vestiges fortifiés du bourg. Les anciennes portes d'accès à la cité fortifiée subsistent en partie et rappellent la fonction défensive du bourg fondé en 1325 à la frontière du comté de Neuchâtel.

Vestiges du Landeron

Le site de Nugerol. Sur le coteau dominant Le Landeron, les habitations de la région se regroupaient sous le nom générique de Nugerol, en particulier dans un bourg fortifié au lieu-dit la Tour. Détruit après 1309, ce bourg ne put être reconstruit à la suite d'un arbitrage du duc d'Autriche en 1316 ; ses habitants rejoignirent le nouveau bourg fondé en 1325. Une villa romaine et une tour du XIIe siècle y sont aussi signalées (à recouper).

Les fortifications du bourg. Des éléments des remparts et des portes de la cité fortifiée édifiée en 1328-1329 subsistent dans le tissu urbain de la Vieille Ville, bien que l'ensemble ait été partiellement remanié après les incendies de 1751 et 1761.

Le château. Construction défensive et résidentielle du XIVe-XVe siècle, le château constitue lui-même un vestige majeur de la fondation comtale de 1325, malgré ses transformations ultérieures (façade néo-gothique de 1889-1891).

Sources

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