Romairon
Origine du nom de Romairon
Le nom du village est attesté pour la première fois en 1403 sous la forme « Romeyron ». Une tradition locale, rapportée par la commune elle-même, propose de faire dériver le nom du mot latin « Romanorum », en lien avec la découverte, rapportée au XIXe siècle, de quelques monnaies romaines dans le village. Cette hypothèse relève cependant de la tradition orale locale et ne repose, dans les sources consultées, que sur un document communal ; elle mériterait d'être recoupée par un travail de toponymie scientifique, qu'aucune des sources examinées ne fournit. Dès 1927, la commune a de toute façon adopté un autre symbole (un hanneton) comme emblème officiel, ce qui a contribué à faire passer au second plan l'hypothèse de l'origine romaine du nom.
Fondation de Romairon
Aucune source consultée n'attribue à Romairon un acte de fondation ni un fondateur identifiable : il s'agit d'un hameau rural né progressivement au Moyen Âge dans le cadre de la seigneurie appelée « Terre de Montagny ». Après la conquête bernoise de 1476, le village fut intégré au bailliage commun de Grandson (administré conjointement par Berne et Fribourg dès 1484), dans la métralie de Bonvillars. Entre 1788 et 1825, Romairon fit partie d'un ensemble administratif plus vaste, la « Générale et haute commune de Champagne », avant de devenir une commune distincte. Son économie et son organisation villageoise se sont donc constituées progressivement, sur une base agropastorale (élevage, production laitière, céréales, pommes de terre, estivage en alpage), sans épisode de création planifiée par un seigneur ou une autorité en particulier.
Histoire de Romairon
Époque romaine (période imprécise). Présence humaine ancienne suggérée par la découverte, mentionnée par une seule source locale consultée et non recoupée par le Dictionnaire historique de la Suisse, de quelques monnaies romaines dans le village au cours du XIXe siècle.
1403. Première mention écrite attestée du lieu, sous la forme « Romeyron ».
Moyen Âge - 1476. Le village fait partie de la seigneurie de la Terre de Montagny, sous l'Ancien Régime féodal.
1476. À la suite des guerres de Bourgogne, la région de Grandson passe sous domination bernoise, puis (à partir de 1484) sous bailliage commun de Berne et Fribourg ; Romairon est rattaché à la métralie de Bonvillars, dans ce bailliage.
1788-1825. Romairon fait partie de la « Générale et haute commune de Champagne », avant de devenir une commune distincte.
1798. Fin de l'Ancien Régime bernois (Révolution vaudoise) ; rattachement provisoire au canton du Léman. Population enregistrée : 68 habitants.
1803. Après l'Acte de Médiation, la région intègre le nouveau canton de Vaud.
1798-2006. Romairon est rattaché au district de Grandson (dissous en 2006, puis intégré au district du Jura-Nord vaudois).
1838. Fondation de la « Société de fromagerie des Hauts-de-Champagne » par les producteurs de laits de Vaugondry, Fontanezier et Romairon ; le bâtiment de la laiterie communale de Romairon (avec caves à fromage) deviendra plus tard la maison de commune.
1850. Population enregistrée : 77 habitants.
1897. La paroisse dont dépend Romairon, jusque-là rattachée à Saint-Maurice (commune de Champagne), passe en suffragance de Villars-Burquin.
1900. Population enregistrée : 95 habitants, ce qui constitue le maximum démographique connu du village.
1909. Un incendie détruit une des maisons du village, dont le nombre passe de dix-sept à seize.
1917. La paroisse de Villars-Burquin, dont dépend Romairon sur le plan religieux, devient une paroisse autonome.
1927. La commune adopte des armoiries représentant un hanneton (« d'or, à la barre de sinople chargée d'un hanneton au naturel, posé en barre », selon la description héraldique disponible).
1950 (vers). Démolition d'une maison du village menaçant de s'effondrer, réduisant le nombre de maisons à quinze ; il s'agirait, selon la tradition locale, de la maison que l'on disait d'origine romaine.
1950. Population enregistrée : 43 habitants.
1975. Désaffectation du collège (bâtiment scolaire) construit au début du XXe siècle à cheval sur la frontière entre Vaugondry et Romairon ; les deux logements qui lui succèdent permettront à leurs locataires de choisir leur commune de domicile jusqu'à la fusion.
1980. Population enregistrée : 36 habitants.
2000. Population enregistrée : 37 habitants ; 86 % des habitants sont nés dans le canton de Vaud ou dans la commune même.
2005. Début des démarches de rapprochement intercommunal entre Fontanezier, Romairon, Vaugondry et Villars-Burquin, quatre villages historiquement regroupés sous l'appellation « Pied-de-la-Côte ».
27 septembre 2009. Les électeurs des quatre communes approuvent en votation la convention de fusion.
2010. Population enregistrée : 32 habitants (selon une des sources consultées, ce chiffre diffère légèrement de celui d'environ 37 habitants donné pour la période 2000-2009 par une autre source ; cette différence mériterait d'être recoupée).
1er juillet 2011. Fusion officielle de Romairon avec Fontanezier, Vaugondry et Villars-Burquin, donnant naissance à la nouvelle commune de Tévenon. Le nombre de communes vaudoises passe de 366 à 365.
Population de Romairon
| 1798 | 68 |
| 1850 | 77 |
| 1900 | 95 |
| 1950 | 43 |
| 1980 | 36 |
| 2000 | 37 |
| 2010 | 32 |
Lieux historiques de Romairon
Le collège de Vaugondry-Romairon. Bâtiment scolaire construit au début du XXe siècle et implanté, de façon singulière, exactement sur la frontière communale entre Vaugondry et Romairon. Désaffecté comme école depuis 1975, il a ensuite été transformé en deux logements dont les locataires pouvaient, avant la fusion de 2011, choisir leur commune de domicile.
L'ancienne laiterie communale (actuelle maison de commune). Le bâtiment qui abrite aujourd'hui la maison de commune de Romairon a longtemps servi de laiterie, avec ses caves à fromage. Il fut le siège de la « Société de fromagerie des Hauts-de-Champagne », fondée en 1838 par les producteurs de lait de Vaugondry, Fontanezier et Romairon, témoin de l'organisation agricole coopérative du village.
Le noyau villageois artisanal. Selon la commune de Tévenon, Romairon a longtemps constitué « un véritable noyau commercial et artisanal », avec une laiterie, un four communal, un pressoir communal, une forge, une épicerie et un café, aujourd'hui disparus mais qui témoignent de la vie villageoise autarcique du XIXe et du début du XXe siècle.
L'alpage de la Rondenoire et l'estivage de la Combaz. Situés sur l'ancien territoire communal de Romairon, en zone de montagne entre le Chasseron et le Mont Aubert, ces alpages sont mentionnés par le Dictionnaire historique de la Suisse comme des attraits du paysage local ; l'estivage de la Combaz appartient à la commune de Bonvillars depuis 1795. Ils rappellent la pratique, par les familles paysannes de Romairon, de l'estivage du bétail un à deux mois par an sur les pâturages les plus pentus du territoire.
Vestiges de Romairon
Monnaies romaines et « maison romaine » (à recouper). Une source communale locale évoque la découverte, au XIXe siècle, de quelques monnaies romaines dans le village, ainsi qu'une tradition selon laquelle une maison du village (démolie vers 1950 car menaçant de s'effondrer) aurait été d'origine romaine. Cette information ne repose, parmi les sources consultées, que sur ce document communal et n'est pas confirmée par le Dictionnaire historique de la Suisse ni par un rapport archéologique identifié ; elle est donc rapportée ici avec réserve, comme une tradition locale à recouper plutôt que comme un fait archéologique établi.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse (DHS/HLS) - Romairon
- Wikipedia (en) - Romairon
- Wikipedia (de) - Romairon
- Wikipédia (fr) - Romairon
- Commune de Tévenon - « Un peu d'histoire »
- Commune de Tévenon - Plaquette de la fusion intercommunale (PDF)
- Feuille des avis officiels du canton de Vaud (FAOVD) - Alphabet des communes vaudoises : Tévenon
- État de Vaud - Décision du Conseil d'État : fusion de Fontanezier, Romairon, Vaugondry et Villars-Burquin
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