Berolle
Origine du nom de Berolle
La toponymie de Berolle prend racine dans un texte de 1235, où le lieu est désigné sous la forme latinisée « Birula ». On retrouve ensuite plusieurs variantes graphiques au fil du Moyen Âge : Berola et Birola dès 1278, puis Byrolaz, et enfin Birolaz en 1453. Cette évolution vers une finale en -olaz, courante dans la toponymie romande, montre la lente stabilisation du nom jusqu'à sa forme actuelle. L'hypothèse la plus souvent avancée fait dériver Berolle d'un diminutif de l'ancien français « berrie », qui désignait une plaine ou une étendue plate. Cette explication reste toutefois à confirmer : l'article de référence habituellement consulté pour l'étymologie du nom n'a pas pu être consulté directement lors de cette recherche (accès refusé au moment de la consultation), et le point mériterait d'être vérifié auprès d'un ouvrage de toponymie vaudoise spécialisé. Les habitants de Berolle sont appelés les Berollans et les Berollandes (on rencontre aussi, plus rarement, les variantes Berolans et Berolanes sur certains sites). Ils portent également un sobriquet plus ancien, issu du patois local : on les surnommait « les Sangsues », lè Seinsûva en patois vaudois. L'origine précise de ce surnom ne nous est pas connue ; il s'inscrit dans la longue tradition des sobriquets villageois qu'on retrouve dans presque toutes les communes du canton.
Fondation de Berolle
L'occupation du territoire de Berolle est bien antérieure à sa première mention écrite. Des traces d'un habitat romain et des tombes datant de l'époque burgonde ont été repérées sur le territoire communal, ce qui indique une présence humaine dès l'Antiquité tardive au moins. L'ampleur exacte de ces vestiges, leur emplacement précis et les circonstances de leur découverte ne sont pas détaillés dans les sources accessibles pour cette recherche ; ce point mériterait d'être approfondi auprès du service cantonal d'archéologie vaudois. Le village tel qu'on le connaît prend forme au Moyen Âge. Berolle formait alors une petite seigneurie propre, distincte de celle de Mont-le-Grand mais rattachée comme elle au même ensemble administratif du bailliage de Morges par la suite ; les sources consultées ne permettent pas d'établir un lien de dépendance entre les deux seigneuries, qui semblent avoir été deux entités parallèles plutôt que l'une subordonnée à l'autre. Berolle devait par ailleurs une dîme au couvent de Romainmôtier, l'une des maisons religieuses les plus influentes du Pays de Vaud médiéval. C'est vraisemblablement dans ce cadre seigneurial et religieux que le hameau s'est structuré en village organisé autour de sa place, selon le plan resserré (dit haufendorf, ou village-tas) qu'on lui reconnaît encore aujourd'hui. Une paroisse y est attestée dès 1397. Après la conquête bernoise du Pays de Vaud en 1536, Berolle est rattaché au bailliage bernois de Morges, créé en 1539, où il figure parmi les seigneuries du bailliage jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en 1798. Au XVIIe siècle, Berolle devient une seigneurie indépendante et passe entre les mains de plusieurs propriétaires successifs. Le dernier d'entre eux est un nom qui surprend pour un aussi petit village : Jacques Necker, le célèbre financier genevois devenu ministre des Finances de Louis XVI et baron de Coppet. La date exacte à laquelle Necker, ou sa famille, a acquis les droits seigneuriaux sur Berolle n'a pas pu être établie dans le cadre de cette recherche ; ce point mériterait d'être creusé plus avant, par exemple auprès des services d'archives historiques compétents, pour préciser le contexte de cette possession qui a de toute façon pris fin avec l'abolition des droits féodaux en 1798.
Histoire de Berolle
Antiquité tardive / époque burgonde. Traces d'un habitat romain et tombes de l'époque burgonde retrouvées sur le territoire communal, signe d'une occupation humaine bien antérieure à la première mention écrite du village. Les détails (localisation, datation précise, fouilles) restent à documenter.
Moyen Âge. Berolle forme une seigneurie propre, distincte de la seigneurie voisine de Mont-le-Grand (les sources consultées ne montrent pas de lien de dépendance entre les deux), et doit une dîme au couvent de Romainmôtier.
1235. Première mention écrite connue du village, sous la forme latinisée « Birula ».
1278-1453. Le nom du village évolue dans les textes : Berola, Birola, Byrolaz, puis Birolaz en 1453.
1397. Une paroisse est attestée à Berolle.
1536. Conquête du Pays de Vaud par Berne, qui met fin à la domination savoyarde sur la région.
1539. Création du bailliage bernois de Morges, dont dépend Berolle jusqu'en 1798, aux côtés d'autres seigneuries comme Aubonne (jusqu'en 1701), Montricher, Vullierens ou Étoy.
XVIIe siècle. Berolle devient une seigneurie indépendante et passe entre les mains de plusieurs propriétaires successifs.
avant 1798. Jacques Necker, financier genevois et baron de Coppet, devient le dernier seigneur connu de Berolle. La date précise de cette acquisition reste à établir.
1798. Chute du régime bernois et abolition des droits féodaux. Le Pays de Vaud devient le canton du Léman sous la République helvétique ; Berolle est rattaché au nouveau district d'Aubonne, dans le cercle de Ballens.
1803. L'Acte de Médiation fait du Léman le canton de Vaud, qui entre dans la Confédération suisse comme canton à part entière.
1834. Reconstruction de l'église de Berolle ; le bâtiment actuel date de cette reconstruction. Depuis la Réforme, la paroisse est rattachée à celle de Bière.
1919. Adoption des armoiries communales, composées d'après une ancienne marque forestière de la commune : de gueules au cœur d'argent chargé de deux sapins arrachés de sinople.
1970. Point bas de la population du village, avec 128 habitants recensés, dans le contexte de l'exode rural qui touche alors de nombreux villages du pied du Jura vaudois.
1982. Des travaux sont mentionnés sur le bâtiment de l'église, sans que leur nature exacte (entretien, rénovation) soit précisée dans les sources consultées.
1988. Le village compte 180 habitants, chiffre qui marque le début d'une reprise démographique liée au développement résidentiel.
1er septembre 2006. Entrée en vigueur de la nouvelle loi vaudoise sur les districts, qui prononce la dissolution du district d'Aubonne dont dépendait Berolle depuis 1798.
1er janvier 2008. Réorganisation administrative effective des districts vaudois : Berolle rejoint le nouveau district de Morges, où il se trouve toujours aujourd'hui.
2016. Reprise et rénovation complète de l'auberge communale de Berolle par Aline et Andrew Antenen.
2018. Le tartare de l'auberge communale de Berolle est désigné « Champion du monde du tartare ».
2022-2024. La population du village se stabilise autour de 300 à 305 habitants, après plusieurs décennies de croissance liée au développement résidentiel qui a profondément transformé un village autrefois dominé par l'agriculture (sept exploitations agricoles subsistent aujourd'hui, contre un nombre bien plus élevé par le passé).
Population de Berolle
| 1850 | 244 |
| 1900 | 255 |
| 1970 | 128 |
| 1988 | 180 |
| 2018 | 305 |
| 2022 | 301 |
| 2023 | 304 |
| 2024 | 303 |
Lieux historiques de Berolle
Église de Berolle. Une paroisse est attestée à Berolle dès 1397. L'église actuelle résulte d'une reconstruction de 1834 ; après la Réforme, la paroisse a été rattachée à celle de la commune voisine de Bière. Des travaux sont mentionnés en 1982, sans que leur nature précise soit documentée dans les sources consultées. Sobre et sans prétention architecturale particulière relevée dans les sources, elle reste le repère visuel du village, comme dans la plupart des villages réformés du pied du Jura vaudois.
Auberge communale de Berolle. Située à l'entrée des cols du Marchairuz et du Mollendruz, avec vue sur le Mont-Blanc et la chaîne alpine, cette auberge de village a une longue tradition d'accueil. Reprise et entièrement rénovée en 2016 par Aline et Andrew Antenen, elle s'est fait une réputation gastronomique bien au-delà du village : son tartare a été désigné « Champion du monde du tartare » en 2018, et l'établissement a reçu plusieurs distinctions (Guide Bleu, label Fait Maison, Swiss Wine Gourmet), tout en conservant l'esprit d'un café de village.
Le noyau villageois et ses hameaux. Berolle se présente comme un village-tas (haufendorf), resserré autour de sa place centrale, une forme d'habitat typique du pied du Jura vaudois. La commune comprend aussi les lieux-dits de Grattalau et des Molliettes, petits écarts dont l'histoire propre n'a pas pu être documentée dans le cadre de cette recherche.
Vestiges de Berolle
Traces d'habitat romain et tombes burgondes. Des vestiges d'un établissement romain et des sépultures datant de la période burgonde ont été identifiés sur le territoire de la commune. Ces découvertes ne sont mentionnées que de façon très succincte dans les sources disponibles pour cette recherche, sans localisation précise, description du mobilier ou datation fine. Une consultation directe d'un dictionnaire historique de référence (accès refusé au moment de cette recherche) ou de la base de données archéologique cantonale vaudoise serait nécessaire pour documenter correctement ce point.
Ancienne marque forestière. Les armoiries communales adoptées en 1919 reprennent le dessin d'une ancienne marque forestière utilisée par la commune, un signe qui servait autrefois à identifier les arbres ou les limites des forêts communales. On ignore si un exemplaire physique de cette marque a subsisté jusqu'à aujourd'hui ; pour l'instant, elle ne survit que sous sa forme héraldique, sur le blason communal.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, article « Berolle »
- Wikipédia (français), « Berolle »
- Wikipedia (English), « Berolle, Vaud »
- Wikipedia (Deutsch), « Berolle »
- Feuille des Avis Officiels du canton de Vaud, Alphabet des communes vaudoises, « Berolle »
- notreHistoire.ch, « Eglise de Berolle »
- Wikipédia (français), « Bailliage de Morges »
- Wikipédia (français), « District d'Aubonne »
- Wikipédia (français), « Districts du canton de Vaud »
- Geneawiki, « Suisse - Berolle »
- Parc Jura vaudois, « Auberge communale de Berolle »
- Commune de Berolle, site officiel
- Office fédéral de la statistique, données démographiques (via Localcities.ch)
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