Froideville
Origine du nom de Froideville
En 1284, un premier document écrit désigne Froideville sous la forme latine « Frigida Villa », que l'on peut traduire par « le domaine froid » ou « le village froid ». Cette dénomination renvoie très probablement à la situation du lieu, à l'écart des grands axes et à une altitude assez élevée pour la région (autour de 800 à 900 mètres), sur le plateau boisé et humide du Jorat, exposé aux brouillards et aux hivers plus rudes que dans la plaine lausannoise toute proche. Cette première mention de 1284 n'est pas isolée : elle correspond exactement à l'acte fondateur du village, ce qui est assez rare pour être signalé, la naissance administrative et la première trace écrite du nom coïncidant au même document. Aucune forme patoise distincte du nom n'a pu être retrouvée dans les sources consultées, ce qui ne veut pas dire qu'elle n'ait jamais existé, simplement qu'elle ne semble pas avoir été documentée ou qu'elle ne s'est pas différenciée de façon notable de la forme française. Le gentilé officiel des habitants n'a pas non plus pu être confirmé avec certitude : une source consultée sur ce point précis indique explicitement que l'information n'est pas disponible. En revanche, un surnom traditionnel bien attesté circule pour désigner les gens de Froideville, repris par deux sources indépendantes : on les appelle « lè Caca-Tchou », soit littéralement les « caque-choux », un sobriquet qui renvoie à la culture du chou, longtemps très présente dans la région, et à une saucisse au chou locale qui en a fait sa réputation.
Fondation de Froideville
Froideville n'a pas été fondée d'un coup par un seigneur laïc, mais est née, comme plusieurs villages du Jorat, de l'activité d'une abbaye cistercienne. Celle-ci, d'abord établie avant 1126 sous le nom de Grâce-Dieu à quelques kilomètres de son site définitif, a été transférée entre 1142 et 1147 dans le vallon du Talent, à l'endroit qui deviendra Montheron. Rattachée à l'abbaye de Bellevaux, en Haute-Saône, elle-même issue de la lignée de Morimond au sein de l'ordre cistercien, cette fondation avait reçu le soutien de l'évêque de Lausanne et de la noblesse régionale. Au XIIIe siècle, les moines de Montheron défrichent et mettent en valeur les forêts et les terres agricoles du Jorat, un travail auquel l'abbaye doit une bonne part de sa prospérité modeste mais réelle, qui contribue aussi, plus loin, au développement du vignoble de Lavaux. Progressivement, des laïcs rejoignent ou remplacent les religieux dans l'exploitation de ce territoire et s'installent en périphérie des terres abbatiales : le village de Froideville se forme ainsi à partir de cette communauté de sujets dépendant de l'abbaye. Selon la source qui rapporte cet épisode le plus en détail, le 26 septembre 1284, le bailli impérial Richard de Corbières aurait accordé par un acte officiel aux « communiers de Froideville », domestiques du couvent de Montheron, les mêmes droits que ceux dont jouissaient les moines eux-mêmes ; cette date est retenue comme celle de la naissance officielle du village, en tant que communauté disposant de droits propres. Seule l'année 1284 et la forme « Frigida Villa » ont pu être confirmées de façon indépendante par une seconde source ; le détail du bailli et de l'acte lui-même repose sur la notice de référence du Dictionnaire historique de la Suisse, restée inaccessible lors des vérifications menées pour cette fiche, et mériterait d'être recoupé à nouveau. Cela ne signifie pas pour autant une indépendance immédiate : jusqu'à la Réforme, Froideville reste soumise à l'autorité à la fois spirituelle et temporelle de l'abbaye de Montheron, ses habitants demeurant redevables de charges et de droits féodaux envers le couvent. Ce n'est que le 16 mars 1455 que l'abbé Jean de Cheseaux affranchit les habitants de ces liens de servitude, moyennant une compensation financière dont le montant exact varie selon les sources consultées, l'une évoquant 43 florins d'or, l'autre 45 florins d'or ; ce point mériterait d'être tranché par la consultation directe de l'acte médiéval concerné.
Histoire de Froideville
avant 1126. Fondation, sous le nom de Grâce-Dieu, de la communauté cistercienne qui deviendra plus tard l'abbaye de Montheron, à quelques kilomètres de son emplacement définitif.
1142-1147. Transfert de l'abbaye dans le vallon du Talent, à l'emplacement de Montheron ; l'établissement, rattaché à l'abbaye de Bellevaux (lignée cistercienne de Morimond), reçoit le soutien de l'évêque de Lausanne et de la noblesse régionale.
XIIIe siècle. Les moines de Montheron défrichent et cultivent les forêts et les terres du Jorat ; des laïcs s'installent progressivement en périphérie des terres abbatiales, formant peu à peu la communauté villageoise de Froideville. Aucun vestige archéologique préhistorique ou romain propre au territoire de Froideville n'a pu être identifié dans les sources consultées ; l'histoire documentée du lieu commence avec cette phase de défrichement médiéval.
26 septembre 1284. Selon la source qui documente cet épisode le plus en détail (restée inaccessible lors des vérifications menées pour cette fiche), le bailli impérial Richard de Corbières accorde aux « communiers de Froideville », domestiques du couvent de Montheron, les mêmes droits que les moines. Cet acte constituerait à la fois la première mention écrite connue du nom du village, sous la forme latine « Frigida Villa » (confirmée indépendamment pour l'année 1284), et l'acte fondateur de sa naissance en tant que communauté organisée.
avant 1455. Avant la Réforme, Froideville reste soumise à l'autorité spirituelle et temporelle de l'abbaye de Montheron ; ses habitants sont astreints à des charges féodales envers le couvent.
16 mars 1455. L'abbé Jean de Cheseaux affranchit les habitants de Froideville de leurs liens de servitude envers le couvent, moyennant une compensation financière dont le montant précis diverge selon les sources (43 ou 45 florins d'or).
1528. L'abbaye de Montheron se place sous la protection de la ville de Lausanne, dans un contexte de tensions religieuses croissantes.
1536. La conquête bernoise du Pays de Vaud entraîne la suppression du couvent de Montheron avec l'introduction de la Réforme protestante. Froideville passe sous administration bernoise et dépend désormais de Lausanne. C'est également à cette période, selon une source, qu'est érigée la borne dite « des Trois Jorats », marquant la limite entre les territoires de Froideville, de Montpreveyres et de Lausanne ; une autre source évoque plutôt une inauguration du monument en 1929, ce qui pourrait correspondre à un renouvellement ou une restauration ultérieure de la borne plutôt qu'à sa pose d'origine, sans que cela ait pu être confirmé de façon certaine.
1590-1592. Construction d'un temple protestant sur le site de l'ancienne abbaye de Montheron, dont dépend alors la paroisse réformée couvrant notamment Froideville.
1764. Premier chiffre de population disponible pour Froideville : 295 habitants.
1778. Ajout d'une façade baroque au temple de Montheron.
1798. Le Pays de Vaud devient un canton indépendant lors de la période de la République helvétique. Froideville intègre le nouveau district d'Echallens, dont elle dépendra pendant plus de deux siècles.
1803. Le hameau de Montheron, où s'était établie l'ancienne abbaye, est provisoirement rattaché administrativement à Froideville.
1813. Montheron est définitivement détaché de Froideville et rattaché à la commune de Lausanne, entraînant une perte de territoire pour Froideville mais aussi la fin de certaines charges d'entretien.
1850. La population de Froideville atteint 454 habitants, un des points hauts du XIXe siècle avant l'exode rural qui touchera la région dans les décennies suivantes.
1900. La population retombe à 360 habitants, traduisant le mouvement de dépeuplement rural qui touche alors une large partie des campagnes vaudoises.
1919. Adoption, selon une source consultée, des armoiries communales actuelles : un écu coupé, d'azur à la croix ancrée d'or (rappelant le passé monastique cistercien) et de gueules à la charrue d'argent (évoquant la vocation agricole du village).
1950. La population continue de reculer, à 289 habitants.
1960. Point bas démographique du village avec 266 habitants, avant l'amorce d'un renversement complet de tendance dans les décennies suivantes.
années 1960. Début du développement de quartiers résidentiels autour du cœur villageois historique, sous l'effet de la proximité grandissante avec l'agglomération lausannoise.
1980. La population atteint 994 habitants, signe d'une croissance déjà très marquée par rapport au creux des années 1960.
1985. Construction du centre œcuménique de Froideville, comprenant une chapelle dotée d'un orgue, utilisé notamment par la paroisse réformée couvrant Morrens et Montheron.
1990. La population s'établit à 1'293 habitants.
2000. Le village compte 1'453 habitants. Entre 1999 et 2009, la croissance démographique atteint environ 16,7%, portée à la fois par le solde migratoire et par l'excédent des naissances sur les décès.
1er janvier 2008. Dans le cadre de la réforme territoriale du canton de Vaud, le district d'Echallens, dont dépendait Froideville depuis 1798, est dissous. Froideville intègre le nouveau district du Gros-de-Vaud, dont le chef-lieu reste Echallens.
2010. La population atteint 1'758 habitants selon une estimation statistique.
1er décembre 2014. Les habitants de Froideville, comme ceux de Bretigny-sur-Morrens, Cugy et Morrens, rejettent en votation populaire le projet de fusion des quatre communes en une nouvelle entité appelée « Haut-Talent ». Une source indique que le syndic de l'époque aurait été le seul membre de l'exécutif communal à soutenir publiquement ce projet, une précision qui mériterait d'être recoupée davantage. Froideville demeure une commune indépendante.
2020. La population franchit un nouveau palier avec 2'695 habitants.
2023. Au 31 décembre, Froideville compte 2'728 habitants, confirmant sa transformation en une commune résidentielle largement intégrée à l'agglomération lausannoise, sans avoir jamais fusionné avec une commune voisine.
2025. Une estimation provisoire situe la population autour de 2'708 habitants, en léger repli par rapport à 2023, chiffre à confirmer par les statistiques définitives. Froideville reste à ce jour une commune politiquement indépendante du district du Gros-de-Vaud.
Population de Froideville
| 1764 | 295 |
| 1803 | 470 |
| 1850 | 454 |
| 1900 | 360 |
| 1950 | 289 |
| 1960 | 266 |
| 1980 | 994 |
| 1990 | 1'293 |
| 2000 | 1'453 |
| 2010 | 1'758 |
| 2020 | 2'695 |
| 2023 | 2'728 |
| 2025 | 2'708 |
Lieux historiques de Froideville
Borne des Trois Jorats. Ce monolithe de pierre marque, au point le plus élevé du massif boisé du Jorat (environ 929 mètres), la rencontre des territoires de Froideville, de Montpreveyres et de la ville de Lausanne, soit aujourd'hui les districts du Gros-de-Vaud, de Lavaux-Oron et de Lausanne. Son origine remonte au XVIe siècle, dans le contexte de la réorganisation administrative du Pays de Vaud par les baillis bernois après 1536 ; une source situe précisément sa pose en 1536, tandis qu'une autre évoque une inauguration en 1929, ce qui pourrait renvoyer à une restauration ou un renouvellement du monument plutôt qu'à une contradiction sur son origine. La borne, ornée des écussons des juridictions concernées, reste aujourd'hui un but de promenade prisé dans les bois du Jorat et continue de marquer une limite administrative bien réelle.
Centre œcuménique de Froideville. Construit en 1985 à la rue du Bas de la Fin, ce bâtiment abrite une chapelle dotée d'un orgue et sert de lieu de culte partagé, notamment pour la paroisse réformée qui couvre Froideville avec les villages voisins de Morrens et de Montheron. Sa vocation œcuménique en fait un lieu de rencontre religieuse relativement récent mais bien ancré dans la vie communale actuelle.
Ancienne abbaye de Montheron, berceau du village. Bien que le site de l'abbaye cistercienne se trouve aujourd'hui sur le territoire de la commune de Lausanne, à la suite du rattachement de Montheron à cette dernière en 1813, il reste indissociable de l'histoire de Froideville puisque le village s'est formé directement à partir de la communauté des sujets de cette abbaye. Le temple protestant qui s'y dresse aujourd'hui, construit en 1590-1592 et doté d'une façade baroque ajoutée en 1778, occupe l'emplacement de l'ancien monastère supprimé en 1536.
Vestiges de Froideville
Borne des Trois Jorats, vestige de l'administration bernoise. Au-delà de sa fonction de repère patrimonial encore utilisé aujourd'hui, cette borne constitue un vestige matériel direct de la réorganisation administrative imposée par Berne au Pays de Vaud après la conquête de 1536, lorsque les nouvelles juridictions bernoises redessinent les limites héritées de l'époque seigneuriale et abbatiale. Elle témoigne concrètement, sur le terrain, du moment où Froideville bascule de la tutelle de l'abbaye de Montheron vers l'administration bernoise, un tournant décisif de son histoire politique.
Sources
- Dictionnaire historique de la Suisse, Froideville
- Wikipédia (français), Froideville (Gros-de-Vaud)
- Wikipedia (anglais), Froideville, Switzerland
- Commune de Froideville, page Présentation
- Feuille des Avis Officiels du canton de Vaud, Alphabet des communes vaudoises, Froideville
- Carillons.ch, De Frigida villa à Froideville
- Fondation de l'Abbaye de Montheron, page Histoire
- Eglise évangélique réformée du canton de Vaud, Centre œcuménique de Froideville
- Commune de Montpreveyres, page Le village de Montpreveyres
- Allez savoir ! (UNIL), Promenons-nous (un peu) dans les bois du Jorat
- Balades.ch / Vaud Rando, itinéraire Borne des Trois Jorats
- Communal.ch, sobriquet des habitants de Froideville
- Citypopulation.de, Froideville (district du Gros-de-Vaud)
- Localcities.ch, commune de Froideville
- La Région, Deux projets de fusion sur six acceptés
- 24 heures, A Froideville, seul le syndic soutient la fusion
- Geneawiki, Suisse - Froideville
Autres villages près de Froideville
Une information manque ou une source existe ? Proposez une correction ou un complément, chaque suggestion est vérifiée avant d'être publiée.
Proposer une modification